AU COEUR DE L'INFORMATION
09 Juin 2026 20h34 GMT
ECONOMIE

Lutte contre la Peste des Petits Ruminants par une Surveillance Épidémiologique Intégrée : Vers l'éradication régionale et un élevage sûr


Face aux impacts économiques et aux menaces persistantes que représente la Peste des Petits Ruminants (PPR) en Afrique centrale, une mobilisation régionale est devenue impérative. La ville de Yaoundé accueille ainsi, du 21 au 23 avril 2026, un atelier de renforcement des capacités axé sur la surveillance de cette maladie virale hautement contagieuse et d'autres affections animales transfrontalières. Cette rencontre vise à consolider les systèmes de surveillance épidémiologique par une intégration poussée des données et une approche basée sur les risques, une stratégie cruciale pour accélérer la lutte contre la PPR, maladie affectant plus de 70 pays et générant des pertes annuelles dépassant les 2 milliards de dollars. La sous-région, où l'élevage des petits ruminants est vital pour la sécurité alimentaire, fait de son éradication une priorité stratégique.
Cet atelier s'inscrit dans la continuité de la stratégie mondiale d'éradication de la PPR, promue par la FAO et l'Organisation mondiale de la santé animale avec un objectif fixé à 2030, ainsi que dans la feuille de route panafricaine (2023-2027) alignée sur le Programme détaillé de développement de l’agriculture en Afrique. Des avancées notables ont déjà été enregistrées, notamment au Cameroun, où le Projet de Développement de l’Élevage, soutenu par la Banque mondiale, a significativement renforcé les services vétérinaires et l'accès aux vaccins.
Cette maladie affecte avant tout les populations rurales les plus vulnérables. Les symptômes observés sont principalement respiratoires et digestifs. Ils se manifestent par des écoulements oculaires et nasaux, ainsi que des diarrhées, touchant particulièrement les chèvres. Comme mesure temporaire, la mise à l'isolement des animaux suspects en attendant l'intervention d'un vétérinaire est recommandée.
Durant ces jours de travaux, il est question de rassembler experts vétérinaires, décideurs politiques et partenaires de développement issus des pays de la Communauté Économique des États de l'Afrique Centrale (CEEAC) autour de discussions axées sur la transformation des systèmes de surveillance épidémiologique. Ils travailleront activement à l'implémentation de la surveillance participative avec les communautés et les éleveurs, à l'identification des zones à haut risque, et à l'amélioration de la collecte et de l'analyse des données zoosanitaires. La relance des réseaux régionaux de surveillance et de laboratoires est également au programme, marquant un virage vers des systèmes plus proactifs capables d'anticiper les foyers et d'optimiser les stratégies de vaccination. Compte tenu de la nature transfrontalière de cette affection, une coopération régionale est indispensable. « La maladie circule d’une région à une autre, d’une communauté à une autre. D’où l’importance de réunir les pays afin d’harmoniser les stratégies et les réponses », a précisé Ndongo Marcel, coordonnateur régional du programme PPR en Afrique.
Le Dr Mimbang, Conseiller Technique n°1 au ministère de l’Élevage, des Pêches et de l’Industrie animale, a exprimé sa profonde satisfaction quant aux avancées significatives enregistrées, tout en exhortant à ne pas relâcher l'élan acquis. Il a particulièrement mis en lumière l'impact stratégique de l'éradication de la PPR : « Vaincre cette maladie, c'est non seulement sécuriser notre cheptel, mais aussi, et surtout, c'est catalyser la croissance économique et générer des opportunités d'emploi substantielles, offrant ainsi un avenir plus prospère aux communautés rurales. »
Bien que ces progrès soient encourageants, des défis majeurs subsistent. La couverture vaccinale demande encore à être élargie, les capacités diagnostiques nécessitent une amélioration continue, et la surveillance active doit être consolidée pour garantir une protection efficace. Les autorités camerounaises soulignent également l'importance capitale d'une appropriation nationale des programmes et d'une mobilisation accrue des ressources locales pour assurer la durabilité des actions entreprises.
La pleine réussite de cette ambition repose sur une synergie régionale renforcée. C'est dans cet esprit de coopération intégrée, inclusive et participative que la surveillance épidémiologique doit s'épanouir pour devenir le socle véritable de la stratégie.