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16 Octobre 2026 00h01 GMT
CULTURE

Écrans Noirs : Un 30e anniversaire sous le signe de l’héritage vivant


Le siège du festival Écrans Noirs ne sera plus tout à fait le même. Pour sa 30e édition, l’événement phare du cinéma africain fait face à son épreuve la plus difficile : poursuivre la route alors que le fauteuil de son créateur, Bassek Ba Kobhio, est désormais vide. Loin de s'effacer, l'hommage a pris, lors de la présentation officielle le 9 septembre 2026, la forme d'un défi : honorer la mémoire du maître tout en libérant l'avenir du festival.
Narcisse Wandji, aux commandes des dernières éditions, a refusé toute dramatisation. « Nous ne voudrions pas que cette célébration ait des allures funèbres », confie-t-il, porté par la conviction que le fondateur aurait préféré une salle bouillonnant de projets plutôt qu’une commémoration figée dans les larmes. C’est tout le paradoxe de cette édition anniversaire : clore une page pour en ouvrir une plus large. Pour l’équipe, le message est limpide : le festival appartient désormais à tous. L’époque du patriarche est révolue ; celle de l’appropriation collective commence.
C’est au graphiste Hervé Noutchaya qu’est revenu le soin de traduire visuellement cette transition. Si le chapeau de Bassek reste le marqueur inamovible de l’histoire, le reste de l’affiche est un manifeste. À côté d'un rouge vif , couleur de la passion , des espaces blancs dominent la composition. Loin d’être vides, ils symbolisent la page offerte aux futurs talents et la direction vers laquelle se projette le festival. Le design souligne ici une évidence : on ne célèbre pas une fin, mais une naissance qui se cherche.
Ce besoin de continuité s’appuie sur des fondations institutionnelles robustes, à l’instar du partenariat stratégique noué avec la CRTV depuis près d'une décennie. Loin d’être ébranlée par le décès de l’architecte du projet, la convention semble se renforcer, avec un renouvellement en vue pour les trois prochaines années. Pour les partenaires, la structure a désormais atteint une maturité qui dépasse les individus.
Le festival, autrefois indissociable de son fondateur, passe avec succès l’examen de la pérennité. Si l’ombre de Bassek Ba Kobhio planera sur chaque écran en 2026, c’est sans aucun doute dans le dynamisme des échanges et la ferveur du public que son empreinte sera, au final, la plus vive.