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16 Octobre 2026 00h00 GMT
SOCIETE

Révision du Code du travail : L’impératif d’une mutation numérique et sociale


Le Code du travail de 1992 ne constitue plus le rempart suffisant face aux mutations profondes de l’économie camerounaise. Entre l’irruption brutale des outils numériques, la généralisation du télétravail imposée par la crise sanitaire et l’émergence de nouveaux modèles économiques basés sur les plateformes digitales, le droit du travail a pris un retard structurel indéniable. C’est dans ce contexte de déphasage croissant entre la loi et la réalité du terrain que s’est ouverte, ce 22 septembre à Yaoundé, la 50e session du Comité de concertation et de suivi du dialogue social.
Loin d'être une simple formalité administrative, ce chantier de révision se présente aujourd'hui comme une réponse impérieuse à l'exigence d'un « pacte social moderne ». Pour les pouvoirs publics, il s'agit de combler un vide législatif majeur ; pour les partenaires sociaux, de transformer ces enjeux technologiques en garanties de justice sociale. Cette session cruciale marque ainsi la volonté de mettre fin à trois décennies d’inertie, en replaçant le cadre institutionnel camerounais au cœur des dynamiques de progrès économique voulues par le Chef de l’État.
Ouvrant les travaux, le Ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, a mis en avant la nécessité d’actualiser un texte devenu vétuste. Il a insisté sur le fait que : « Dans un monde du travail dynamique et en perpétuelle mutation, au sein duquel des problématiques nouvelles ont émergé, il s’avère nécessaire et même urgent d’actualiser certaines dispositions de notre Code du Travail. » Il a ajouté que : « L'objectif ici étant de prendre en compte la survenance de nouveaux paradigmes à travers notamment les plateformes numériques et le télétravail. » Le Ministre a ainsi conclu que : « Ces nouvelles formes d'emploi et d'organisation du travail exigent de nous un pacte social actualisé et adapté. »
Face au gouvernement, Isaac Bissala, Président de l’Union Générale des Travailleurs du Cameroun (UGTC), a martelé une exigence de transparence. Il a réclamé la communication du projet complet d'ici jeudi afin de formuler des contre-propositions concrètes, refusant de se contenter de synthèses : « Nous avons demandé au gouvernement, qui nous a présenté une synthèse de la révision, de nous faire parvenir le document afin que nous puissions lire ce que le gouvernement a pu ajouter au projet pour que nous puissions faire des contre-propositions. » L’UGTC a également alerté sur les crises sociales, notamment dans les universités d'État, réclamant : « Que l’université soit en paix et que les étudiants bénéficient de cette université. » M. Bissala a enfin fermement dénoncé la persistance des textes régissant la CNPS : « Les textes sont obsolètes depuis 1969. On n’avait pas encore revu ces textes-là. »
Pour ne plus jamais laisser la législation subir les effets du temps, l'UGTC propose une « révolution » en instaurant une révision triennale : « Le Code du Travail dans le monde est dynamique. Même si on le révise aujourd’hui, dans cinq ans nous serons encore là. Désormais, tous les trois ans, nous devons nous revoir pour essayer de le réviser. » Alors que les travaux se sont ouverts sur une note d'optimisme, cette 50e session pourrait bien redéfinir, sur le long terme, les contours du travail décent au Cameroun
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