AU COEUR DE L'INFORMATION
16 Octobre 2026 06h44 GMT
SOCIETE

Les associations de consommateurs interpellent le Ministre de la Communication sur la violation du droit à l’information par CANAL+


La Plateforme des Associations d’Intérêt Socio-économique du Cameroun (PAIES) adresse une interpellation au Ministre de la Communication, au motif qu’elle estime que le droit à l’information des Camerounais ne serait pas suffisamment respecté, notamment à travers la prestation de l’opérateur CANAL+. À travers une correspondance transmise au département ministériel, les organisations de consommateurs dénoncent des manquements et réclament, à titre de prétexte à la clarification des responsabilités, la convocation d’une réunion d’urgence afin d’obtenir des explications et des solutions concertées.

La démarche fait suite à un courrier daté du 30 mars 2026, relancé le 20 juillet, au terme duquel les signataires déplorent ne pas avoir obtenu de suite à leur première saisine. Ils soutiennent que l’absence de réponse et de clarification fragiliserait la garantie du droit à l’information, un droit présenté comme inaliénable pour chaque Camerounais. À ce titre, ils rappellent que les populations versent déjà la redevance audiovisuelle à la CRTV, dont le prélèvement oscille entre 1 900 et 5 000 FCFA.

Dans ce contexte, les associations posent une série de questions et formulent des accusations. Elles demandent : que font les chaînes de la CRTV dans le bouquet CANAL+ ? Selon elles, il s’agirait d’un “vol à ciel ouvert”, dans la mesure où des Camerounais continueraient de payer une contribution destinée à soutenir l’accès à l’information, tout en estimant que la valeur attendue ne leur serait pas rendue de manière satisfaisante. Elles affirment ainsi rejeter fermement CANAL+.

La PAIES et ses associations membres indiquent, dans cette dynamique, qu’elles disent non à CANAL+ et rejoignent le mouvement de boycott contre cet opérateur. Les associations précisent que cette position s’inscrit dans la défense des droits des consommateurs et la revendication d’une cohérence dans la chaîne de distribution de l’information.

Les associations rappellent par ailleurs le rôle du Ministre de la Communication, présenté comme à la fois tutelle du secteur et président du Conseil d’Administration de la CRTV. Elles dénoncent ce qu’elles qualifient de silence dans le suivi du dossier et appellent le membre du gouvernement à prendre ses responsabilités, afin de clarifier les responsabilités et d’aboutir à des mesures correctives.

Dans la même dynamique, la PAIES exige la convocation d’une réunion inclusive, afin de permettre aux parties concernées d’échanger de manière structurée, de confronter les positions et d’aboutir à des conclusions concertées. Les associations affirment agir dans un esprit républicain et de dialogue, conformément à l’approche prônée par les autorités publiques. Cependant, elles lancent aussi une mise en garde : si aucune franche collaboration ni réponse satisfaisante n’est donnée, la démarche pourrait être suivie d’actions plus contraignantes.

Le courrier, signé pour le Bureau de coordination nationale PAIES et assorti des sceaux de plusieurs organisations de défense des consommateurs, a été enregistré dans plusieurs administrations, notamment au Ministère de la Communication, au Ministère du Travail et au Ministère du Commerce. À ce stade, les organisations indiquent n’avoir reçu aucune réaction officielle claire de la part du Ministère de la Communication.