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03 Novembre 2026 19h52 GMT
CULTURE

Anatomie du paraître : Eric Gaël Chuade Ngale face au péril de l’imposture



Entre une mondialisation marquée par l’hégémonie des illusions numériques et les transformations sociétales complexes que traverse le Cameroun, le monde contemporain semble englué dans une crise de vérité sans précédent. De Yaoundé aux grandes métropoles mondiales, les ancrages traditionnels se dissolvent dans une mer d’apparences où la mise en scène du quotidien relègue les exigences collectives au second plan. C’est pour répondre à ce chaos intellectuel que le philosophe Eric Gaël Chuade Ngale a publié aux Éditions ATP son essai intitulé La société de l’imposture. Dérives et mutations contemporaines
L’ouvrage utilise cette perte de repères planétaire comme point de départ pour décortiquer les mécanismes d’un affaiblissement des responsabilités individuelles. Pour le chercheur, titulaire d’un master en éthique et philosophie politique de l’Université de Yaoundé I, cette dérive n’est pas qu’une simple vue de l’esprit, mais une menace réelle pour l’équilibre social. Son expertise, nourrie par une carrière qui allie l’enseignement, l’éducation aux médias et la recherche sur la souveraineté africaine, lui permet de poser un regard clinique sur les déviances du multipartisme de façade, l’impunité systémique et la gestion dynastique des affaires publiques qui marquent ce premier quart du XXIᵉ siècle.
Cet ouvrage de 180 pages, réparti en plusieurs chapitres, bénéficie de l’éclairage précieux du Pr Elias Perrier Ngueulieu, enseignant-chercheur, sociologue et auditeur social à l’Université de Yaoundé I, également conseiller éditorial de la *Revue Internationale*. Dans sa préface intitulée « De la migration des valeurs à la kakistomanie en démocrature africaine », il souligne la justesse clinique du diagnostic de l’auteur. Il y analyse une « migration des valeurs » préoccupante, menant vers une « kakistomanie » où l’opportunisme politique et l’imposture semblent ériger en système la gestion dynastique du pouvoir.
Cet engagement intellectuel a trouvé une résonance toute particulière lors de la cérémonie officielle de dédicace du livre, qui s’est tenue le 31 octobre 2026 à Yaoundé. Devant un auditoire invité à une prise de conscience collective, l’auteur a rappelé l’urgence de sa démarche : « Dans un univers où l’apparence prévaut souvent sur l’essence, il est impératif de cultiver une pensée critique capable de dévoiler la vérité sous les artifices du discours. »
Plus qu’un essai académique, ce livre se veut un véritable manuel de vigilance intellectuelle et de résistance. Comme le relève Elias Perrier Ngueulieu, l’œuvre d’Eric Gaël Chuade Ngale fait office de « miroir sans déguisement ». En invitant le lecteur à regarder au-delà des discours trompeurs, l’auteur rappelle que la solidité des nations repose sur la capacité de chaque citoyen à cultiver une éthique de l’intérêt général plutôt que de céder à l’opportunisme. Face à la multiplication des ombres, son travail constitue une invitation urgente à redevenir les architectes lucides, engagés et humanistes de notre destin collectif, afin de bâtir un monde où la vertu et la pensée réelle reprendraient leurs droits sur le spectacle de l’imposture
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